Avec les journaux et les magazines, la presse existe depuis 500 ans et n’a cessé de moderniser son contenu, sa forme et ses modes de diffusion. Mais sa structure fondamentale est restée relativement stable malgré l’apparition d’autres supports de l’information. La presse est toujours synonyme d’analyses sérieuses, d’articles de fond et de débats. Avec la relativisation des convictions idéologiques en fonction du clivage gauche-droite dans la société allemande, la catégorisation politique de la presse s’est elle aussi atténuée. Le marché de la presse allemande se caractérise par une grande diversité des titres et par une forte différenciation régionale : 333 journaux régionaux côtoient les dix journaux d’envergure nationale, dix journaux de qualité concurrencent neuf journaux populaires faisant plutôt dans la sensation. Dans cette catégorie, l’influent Bild (aux éditions berlinoises Axel-Springer- Verlag), un journal populaire d’envergure nationale et tirant quotidiennement à près de 3,6 millions d’exemplaires, est le seul de ce genre à jouer un rôle prépondérant. Le tirage total des quelque 350 journaux quotidiens allemands s’élève à 24 millions d’exemplaires.
Mais le financement de la presse quotidienne classique est menacé. Les jeunes lisent moins le journal, le volume de la publicité recule, nombre de sujets sont aujourd’hui également abordés sur l’Internet qui est devenu un média leader dans presque toutes les tranches d’âge. Près des deux tiers des Allemands sont aujourd’hui « en ligne », soit 48,7 millions de personnes de plus de 10 ans. Néanmoins, un adulte sur trois achète un journal qui sera d’ailleurs aussi lu par son entourage. Nombre de titres exercent une véritable influence politique et culturelle, comme les journaux sérieux d’envergure nationale que sont le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Süddeutsche Zeitung et le vénérable hebdomadaire Die Zeit.
Outre les magazines grand public bien établis, nombre de titres portant sur des sujets spécifiques ne cessent d’apparaître. Les quelque 2300 titres appartenant à la catégorie grand public totalisent un tirage de plus de 120 millions d’exemplaires. Parmi les plus lus, on trouve les magazines d’information Stern, Focus et Spiegel, qui prennent une part active aux débats et ont souvent été euxmêmes au coeur de débats importants. Dans ce domaine, le Spiegel est le magazine politique ayant peut-être l’influence la plus importante à long terme parmi les hebdomadaires. Les grands éditeurs de magazines grand public sont le Heinrich-Bauer-Verlag, le Axel-Springer-Verlag, Burda et Gruner+Jahr qui appartient à Bertelsmann. Springer et Bertelsmann sont des groupes de médias ; outre des journaux, ils possèdent aussi des chaînes de radio et de télévision et des sites Internet, ce qui leur permet de réaliser des chiffres d’affaires de plusieurs milliards et a déclenché une discussion sur la Concentration dans les médias et une domination potentielle de l’opinion.