D’après la Loi fondamentale, les partis politiques ont pour mission de contribuer à la formation de la volonté politique du peuple. La présentation de candidats aux fonctions politiques et l’organisation des campagnes électorales ont ainsi le rang d’une mission constitutionnelle. Les partis reçoivent donc des fonds de l’Etat pour compenser les frais induits par les campagnes électorales. Le remboursement des frais de campagne, pratiqué pour la première fois en Allemagne, est aujourd’hui d’usage dans la plupart des démocraties. Selon la Loi fondamentale, la structure des partis politiques doit être conforme aux principes démocratiques et on attend d’eux qu’ils se prononcent en faveur de la démocratie.
Les partis dont le credo démocratique est douteux, même s’ils ne sont pas systématiquement poursuivis, peuvent faire l’objet d’une demande d’interdiction de la part du gouvernement fédéral. Si le gouvernement fédéral estime qu’une interdiction s’impose car ce type de parti représente un danger pour le régime démocratique, il peut tout au plus déposer une demande d’interdiction. Seule la Cour constitutionnelle fédérale pourra prononcer cette interdiction. On empêche ainsi que les partis au pouvoir n’interdisent un parti qui pourrait les gêner dans la compétition politique. Les partis au pouvoir préfèrent combattre les partis non démocratiques dans le cadre d’une activité politique régulière. Dans l’histoire de la République fédérale, rares ont été les demandes d’interdiction d’un parti, et les interdictions mêmes encore plus rares.
La Loi fondamentale privilégie les partis politiques mais ceux-ci restent en fait des modes d’expression de la société toute entière. Ils assument tous les risques d’échec lors des élections (Les élections), en cas de baisse du nombre de leurs adhérents et lors des conflits sur les questions de personnes et de politique.
Le paysage des partis est assez clair en Allemagne. Jusqu’en 1983, les partis représentés au Bundestag étaient tous entrés au Parlement lors des premières élections législatives en 1949 : les partis de l’Union (CDU/CSU), le SPD et le FDP. Les partis de l’Union, qui font partie de la famille européenne des partis chrétiens-démocrates, agissent dans toute l’Allemagne – à l’exception de la Bavière – sous le nom d’Union chrétienne-démocrate (CDU). La CDU n’a pas de fédération en Bavière où elle laisse le champ libre à l’Union chrétienne-sociale (CSU) qui en est très proche. Au Bundestag, les députés des deux partis forment depuis toujours un même Groupe parlementaire.
Le Parti social-démocrate allemand (SPD) est la deuxième grande force politique en Allemagne. Il fait partie de la famille européenne des partis sociaux-démocrates et des socialistes démocratiques. La CDU/CSU et le SPD sont de grands partis populaires puisqu’ils se sont attachés une grande partie de l’électorat (L'électorat). Ces deux partis sont partisans de l’Etat social, avec sa garantie de ressources pour les personnes âgées, malades, handicapées ou au chômage. La CDU/CSU touche surtout les couches des travailleurs indépendants, des commerçants et des chefs d’entreprise, alors que le SPD est proche des syndicats.
Le Parti démocrate-libéral (FDP) fait partie de la famille européenne des partis libéraux. Son credo politique repose sur une intervention de l’Etat sur le marché aussi limitée que possible. Le FDP n’est pas un grand parti populaire : il jouit surtout du soutien des couches disposant de revenus et d’un niveau d’études élevés.
Le parti Alliance 90/Les Verts, abrégé en Les Verts, a été fondé en 1990. Il fut le premier parti créé de façon pérenne après 1949. Les Verts font partie de la famille européenne des partis verts et écologiques. La spécificité de leur programme réside dans l’association de l’économie de marché à des impératifs de protection de l’environnement que l’Etat doit promouvoir. Les Verts aussi représentent surtout des électeurs ayant des revenus et un niveau d’études élevés.
Avec la réunification, le Parti du socialisme démocratique (PDS) a fait a son entrée sur la scène politique de la République fédérale d’Allemagne. Il est issu en 1989 du SED, le parti communiste de l’ancienne République démocratique allemande. Le PDS est devenu un parti démocratique. Il n’a d’abord réussi politiquement que dans les cinq Länder de la République fédérale qui constituaient l’ancien territoire de la RDA. Les membres du parti Alternative électorale pour l’emploi et la justice sociale (WASG) – récemment fondé et qui n’avait participé jusque-là qu’aux élections à une Diète régionale – ont participé aux élections au Bundestag de 2005 sur la liste du PDS qui a alors changé son appellation en Parti de gauche.PDS. En juin 2007, les deux partis ont fusionné pour n’en former qu’un seul, appelé Die Linke (La Gauche).