![]() La nouvelle «Ostpolitik» L'équilibre nucléaire entre les deux superpuissances initie un processus de détente qui, malgré la répression de la politique de réforme de Prague («le Printemps de Prague») de 1968, est poursuivi et débouche sur des résultats concrets : le Traité de Moscou, signé le 12 août 1970 entre la République fédérale d'Allemagne et l'Union soviétique sur le renoncement à la violence et la reconnaissance de l'inviolabilité des frontières en Europe, constitue la clé de voûte de la politique de détente et de paix menée par Willy Brandt. Dans la «Lettre sur l'unité allemande», le gouvernement fédéral confirme unilatéralement son droit à la réunification. Le Traité de Varsovie, du 7 décembre 1970, normalise les relations avec la Pologne, et la ligne Oder-Neisse est reconnue comme frontière occidentale de la Pologne. L'accord quadripartite sur Berlin du 3 septembre 1971 confère une garantie de pérennité au statu quo de la ville. Si Berlin- Ouest n'est pas une partie constitutive de la République fédérale d'Allemagne, il est néanmoins prévu que les «liens» entre les deux entités soient maintenus et resserrés. Cela permet des «améliorations pratiques de la situation » qui rendent plus supportable la partition de la ville et le Mur, plus perméable. Globalement, la question de Berlin perd de son acuité et se normalise. Le Traité germano- allemand du 21 décembre 1972 sur les bases des relations entre les deux Etats allemands régule la situation germano-allemande. Il est décidé de constituer des représentations permanentes. Cela ouvre la voie à une multitude de traités ponctuels. Le 18 septembre 1973, les deux Etats allemands sont admis à l'ONU.
Le 1er août 1975, les deux Etats signent l'Acte final d'Helsinki de la CSCE relatif aux questions de la sécurité et de la coopération en Europe. Sa «politique de réconciliation entre anciens adversaires» vaut au chancelier fédéral Willy Brandt d'obtenir, en 1971, le prix Nobel de la Paix, premier Allemand à recevoir cette distinction depuis la Seconde Guerre mondiale. A cette époque, les traités ne sont, cependant, pas encore ratifiés. Des débats enflammés divisent la population et le Parlement sur la question de savoir si la réunification est rendue plus difficile par la reconnaissance des faits ou si l'accès aux anciens territoires allemands de l'Est est facilité dans une Europe de peuples réunis par des liens d'amitié. La majorité gouvernementale s'effrite, si bien que le leader de l'opposition, Rainer Barzel, a de bonnes chances de remplacer Willy Brandt par un vote de défiance constructif. Sa tentative du 27 avril 1972 se solde par un échec. Le 17 mai 1972, le Bundestag adopte les traités signés avec Moscou et Varsovie, tandis que la majorité des députés de l'Union font abstention.
Dans une «résolution interprétative», le Parlement précise que ces accords ne font pas opposition à la restauration de l'unité allemande par les moyens pacifiques. De nouvelles élections anticipées se traduisent par une majorité encore plus nette en faveur de la coalition sociale libérale et, par conséquent aussi, par une approbation claire et nette de l'Ostpolitik menée par le gouvernement Brandt. |