Une culture vivante de la mémoire

Le mémorial des Juifs assassinés en Europe au cœur de Berlin rappelle le souvenir des six millions de victimes juives de l’Holocauste
Le mémorial des Juifs assassinés en Europe au cœur de Berlin rappelle le souvenir des six millions de victimes juives de l’Holocauste Andreas Pein/laif
Le souvenir des crimes du national-socialisme mais aussi de l’absence de droits en RDA est gardé vivant avec de nombreux mémoriaux en Allemagne.

L’analyse de la guerre, des régimes totalitaires, des crimes motivés par l’idéologie et l’absence de droits au XXe siècle ainsi que la commémoration des victimes de l’oppression jouent un grand rôle dans la culture de la mémoire en République fédérale d’Allemagne. Conserver le récit des témoins de l’époque est au cœur d’un travail de mémoire qui cherche à transmettre le souvenir des crimes nazis aux générations futures.

dpa/Wolfram Steinberg

Les nombreux lieux de souvenir et de commémoration des différents groupes de victimes dans toute l’Allemagne font également partie de cette mémoire. Ainsi, le mémorial des Juifs assassinés en Europe au cœur de Berlin rappelle le souvenir des six millions de victimes juives de l’Holocauste.

Rappeler la guerre, la dictature et la résistance

En novembre 2018, l’Allemagne commémore la fin de la Première Guerre mondiale. 2019 marquera le centenaire de la première Assemblée constituante de la République de Weimar, le premier régime démocratique en Allemagne. En 2014 et 2015, marquant le centenaire du début de la Première Guerre mondiale et les 25 ans de la chute du Mur, les commémorations étaient empreintes de reconnaissance envers les Alliés de la coalition anti-nazie pour la libération en 1945 mais aussi pour l’opportunité de reconstruire le pays et de le réunifier en 1990. La reconnaissance allait également à ceux qui, ayant survécu à la Shoah, témoignaient des crimes commis et tendaient la main à l’Allemagne démocratique après la Seconde Guerre mondiale.

Le souvenir de la dictature communiste dans la zone d’occupation soviétique (1945–1949) et en République démocratique allemande (1949–1990) doit également rester vivant pour les générations qui n’ont pas connu la partition de l’Allemagne et le régime de la RDA. Le travail du Chargé des dossiers de la Sûreté de l’Etat est-allemand (Stasi) joue un rôle important en la matière. Une expo­sition permanente dans l’ancienne centrale de la Stasi, dans le quartier de Hohenschönhausen à Berlin, met en lumière les moyens et les méthodes mises en œuvre par la Sûreté de l’Etat est-allemand pour espionner, contrôler et intimider la population.

Le Mémorial de la résistance anti-nazie, dans le quartier Mitte à ­Berlin, est consacré à la résistance contre la dictature national-socialiste. Il se trouve au Benderblock, dans le lieu historique où le groupe du comte Stauffenberg tenta, le 20 juillet 1944, de renverser le régime. Le mémorial éclaire la ­manière dont des particuliers et des groupes ont utilisé entre 1933 et 1945 les marges de manœuvre dont ils disposaient pour s’opposer à la dictature nazie.

Related content